Gin cassis.

18 septembre 2007

La Mandalune.

Ce n’est pas l’histoire d’une fuite, c’est l’histoire d’une évasion, d’une envie d’ailleurs qui ne se satisfait pas de l’infini.

*

     - Fonce !
- 
T’es sûre ? On va tomber, il n’y aura plus rien à faire après.
- Tout est déjà finit de toute façon.
- Tu ne regrettes pas ?
- J’ai pas le temps.
- Comme tu veux.
- Non, je ne veux pas. On en a besoin.
- Accroche toi.

Et elle s’est lâché.

*

Ici est un endroit que tout le monde connait bien. C’est un endroit où chacun fait escale au moins une fois dans sa vie, peu importe où on va le chercher on le trouve toujours là où il ne se trouve pas. Ici, ça sent un peu la mer, mais surtout l’océan, les embruns rendent les photos floues, alors il ne reste qu’à imaginer ce qu’avait été notre vie ici. Ici on quémande un peu de rêve, rien de grave, mais on sacrifie quand même notre bonheur sur un hôtel brûlant. Ou peut-être est-ce simplement le grand feu autour duquel danse les gitans le soir. Ici, dites bonjour aux étrangers et embrassez les inconnus, laissez la sueur qui vous coule sur la nuque vous glacer les os, prenez ma main et oubliez.

 Ici, on est ailleurs. C’est là que commence leur voyage.

     - Vraiment ?
- Vraiment.
- Mais ça n’a pas de sens, on ne peut pas commencer un voyage ailleurs, il se finit ailleurs, pas le contraire.
- Chut, ouvre les yeux, écoute et transe leurs vies.

*

Lili et Milo, une histoire dont vous n’osez même plus rêver.

*

C’est une simple deux chevaux de 1976, autant dire qu’elle est bien vieille et qu’avec ça on ne va pas loin, mais on peut aller jusqu’au bout du monde. En faire trois fois le tour en passant par l’astéroïde qui est en train de s’écraser sur Vénus. Elle est orange et blanche mais le blanc est devenu bleu il n’y a pas longtemps. Et comme le bleu et le orange ne vont pas ensemble, le orange est devenu vert. Les phares ne marchent plus, et même si vous crever d’envie de l’allumer elle éclaire quand même bien plus que vos cœurs. L’herbe ne pousse plus sous les roues qui ne roulent plus, et le réservoir d’essence est vide depuis toujours. Elle meurt la pauvre, elle meurt.

     - Je croyais qu’on pouvait aller au bout du monde avec …
- Bien sur.
- Elle a pas l’air en forme dis donc.
- 
Baisse les yeux, le bout du monde est à tes pieds.

Et pourtant ils n’étaient pas en haut d’une falaise, mais à ses pieds il y avait les neiges du Kilimandjaro.

    - Je ne vous crois pas.

Et Lili a sourit. Elle appellera la voiture Alma.

*

Milo est ici, Lili est partie ailleurs, Alma attends là-bas, autant dire qu’ils sont tous les trois au même endroit.

*

     - Tout est prêt ?
- Rien n’est prêt.
- Tant mieux, on a besoin de rien. La porte avant droite est cassée tu le sais ?
- Oui, un jour j’ai voulu la faire respirer.
- Milo ?
- Quoi ?
- Rien.
- Merci, c’est ce dont j’avais besoin.

Parce que quand on a besoin de rien, il nous manque encore tellement de choses. Un sourire en guise de flèche, quand on utilise pour cible, cette douleur qu’on ne peut refouler, cette douleur qu’on cache, que tout le monde voit, mais que personne ne regarde. Oui, un sourire, c’est bien.

Posté par lazphodelia à 10:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]